Le métier de fabrication de l’encens est préservé depuis des générations par les femmes Tày de Pac Nghe. Photo: Cong Luan/VOV Nord-Est |
Dans la cour de la maison de Duong Thi Ly, le parfum des bâtonnets d’encens mis à sécher au soleil se diffuse doucement et attire l’attention des visiteurs. Attachée à ce métier depuis les années 1980, Mme Ly profite de son temps libre, en dehors des travaux agricoles, pour fabriquer de l’encens et compléter ainsi les revenus de sa famille.
“Chez moi, on fabrique de l’encens depuis plus de 40 ans. C’est un produit qui est principalement utilisé lors du Têt, des cérémonies de culte et des funérailles. À l’approche du Têt, les revenus augmentent et constituent un apport important”, nous dit-elle.
Le village de Pac Nghè compte plus de 170 foyers, pour la plupart issus de l’ethnie Tày. Une vingtaine d’entre eux perpétuent encore cette tradition de fabrication d’encens.
Séchage de l’encens tày avant son conditionnement pour la mise sur le marché. Photo: Cong Luan/VOV Nord-Est |
Afin de le distinguer des encens produits industriellement ou provenant d’autres régions, les gens de Pac Nghè appellent leur encens «encens Tày». Fabriqué exclusivement à partir de plantes et de matières naturelles, ce produit se caractérise par un parfum doux, typique des forêts et des montagnes. Nông Thi Huê, qui exerce ce métier depuis plus de 50 ans, peut en témoigner.
“L’encens est fabriqué à partir de plantes et de feuilles récoltées en forêt. Les végétaux, y compris ceux qui sont déjà décomposés, sont séchés puis broyés afin d’obtenir la matière première. Cette étape permet d’assurer une bonne conservation du produit, d’éviter les moisissures et de garantir un encens sans danger pour l’utilisateur”, nous explique-t-elle.
À l’approche du Têt, les artisans augmentent leur production, parfois jusqu’au double, afin de répondre à la demande, tout en créant des emplois et des revenus stables pour de nombreuses familles, comme a tenu à le souligner Chi Van Kiên, le chef du village.
“Les produits sont écoulés dans plusieurs communes de la province. L’encens permet à de nombreuses familles d’améliorer progressivement leur situation économique, de construire des maisons, d’acquérir des moyens de transport et de bénéficier de revenus relativement stables”, constate-t-il.
Le métier traditionnel de fabrication de l’encens tày contribue au développement économique de la population locale. Photo: Cong Luan/VOV Nord-Est |
Ces dernières années, le village de Pac Nghè a bénéficié de soutiens financiers issus des programmes nationaux cibles d’instauration de la nouvelle ruralité et de réduction durable de la pauvreté. Les autorités locales ont accompagné les habitants dans la création de labels et l’amélioration des produits afin d’en renforcer la compétitivité sur le marché. Certains foyers ont également été aidés pour établir des liens avec des magasins et des coopératives de la région, ouvrant ainsi des débouchés plus stables. Par ailleurs, l’État a investi dans la construction d’une route en béton de plus de trois kilomètres, facilitant ainsi le développement des activités de production et de commercialisation, ce dont se réjouit Nông Thi Ngà, une villageoise.
“Autrefois, les routes en terre boueuses compliquaient le transport des matières premières et la vente de l’encens, et les commerçants hésitaient à venir au village. Depuis la construction de cette route en béton, les déplacements sont plus faciles, les camions peuvent accéder directement aux habitations et les échanges commerciaux sont devenus plus actifs”, se félicite-t-elle.
L’encens Tày de Pac Nghè s’est imposé comme un produit emblématique de cette région montagneuse. Sa préservation contribue à protéger l’identité culturelle de la localité tout en offrant des moyens de subsistance stables et durables aux communautés autochtones.