Sébastien Laval: Le Vietnam m’étonne toujours

Phuong Nguyen
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(VOVworld) – Arrivé au Vietnam pour la première fois en 1995, Sébastien Laval n’a cessé, depuis, de faire la navette entre ce petit pays lointain et son pays natal, la France. Bien qu’il l’ait silloné de long en large durant ces vingt dernières années, le photographe poitevin avoue que ce pays l’étonne toujours.

(VOVworld) – Arrivé au Vietnam pour la première fois en 1995, Sébastien Laval n’a cessé, depuis, de faire la navette entre ce petit pays lointain et son pays natal, la France. Bien qu’il l’ait silloné de long en large durant ces vingt dernières années, le photographe poitevin avoue que ce pays l’étonne toujours.

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Sébastien Laval sur le pont Trang Tien à Huê

Sans doute Sébastien Laval était-il destiné à échouer au Vietnam. C’est en 1995, que tout a commencé. Jeune photographe à l’époque, Sébastien Laval a rencontré Daniel Roussel par l’intermédiaire d’une relation commune. L’ancien journaliste de l’Humanité cherchait un photographe afin de l’accompagner pour un travail de repérage au Vietnam, sans se douter qu’il allait ainsi déclencher une véritable passion. Sébastien Laval:

“J’ai eu la chance de pouvoir découvrir le pays avec lui qui le connaissait très bien, et qui avait en plus des amis vietnamiens. Le Vietnam pendant un mois, du Nord au Sud, ça a été pour moi une expérience inoubliable et extraordinaire. J’étais jeune photographe à l’époque, ça a été un choc culturel très important, choc de civilisation: l’impression de mettre un pied dans un nouveau continent, un autre monde qui était complètement inconnu pour moi.”

Captivé par le pays et sa population, suite à son périple avec Daniel Roussel, Sébastien Laval est revenu plusieurs fois au Vietnam pour mener ses propres projets, dont un consacré aux 54 éthnies du Vietnam, qui a déjà donné lieu à de nombreuses expositions, aussi bien qu’en France au Vietnam, et notamment à Huê, en 2014, à l’occasion du festival.

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Photos: Sébastien Laval
“Ce sont les éthnies minoritaires qui m’ont vraiment marqué, qui ont frappé mon esprit à jamais. On est toujours plus fort de cette diversité... Ça m’a vraiment marqué quand je suis venu ici, et comme je suis revenu plusieurs fois, j’ai pu m’aperçevoir que ces populations avaient une mode de vie qui était en train de changer avec la modernisation du pays, avec le développement... On sent bien qu’il y a quelque chose qui est en train de changer. Moi, j’ai eu envie de prendre ce train en marche, de pouvoir montrer cette évolution et cette population à travers le temps.

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Je n’ai pas de prétention scientifique ou artistique particulière, j’ai juste le désir d’être un témoin, un lien entre les populations, les gens... Mon idée, c’était juste de faire parler les gens dont on ne parle pas souvent, de leur donner un petit coup de projecteur. Et quand on a fait l’exposition il y a deux ans, lors du festival de Huê sur le pont Trang Tien, on a mis soixante portraits de toutes les populations du Vietnam. Le pont Trang Tien qui relie les deux rives de la rivière des Parfums est devenu une grande promenade. Les gens venaient à pied et se promenaient. C’était la fête pour les gens de Huê, pour les gens qui venaient au festival et ça a été leur manière de découvrir des populations qu’ils iront peut-être rencontrer plus tard dans leur vie.”

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Ce festival de Hué 2014 n’était pas la première prestation de Sébastien Laval dans l’ancienne capitale. Déjà en 2008, le photographe y avait présenté une exposition sur les populations de la province de Thua Thien-Huê avant d’y retourner en 2010 pour une exposition consacrée cette fois aux minorités du Vietnam, du Laos et du Cambodge. Son lien avec cette vieille ville semble indélébile, car en avril dernier, Sébastien Laval a présenté à l’hôtel Métropole de Hanoi l’exposition “Hanoi 18h/6h Huê 18h/6h”, un projet qu’il avait débuté à Hanoi en 2007.

“Ce qui est particulier dans cette tranche d’heure? D’abord le rythme de la ville n’est pas le même: la nuit commence à tomber tout doucement, les lumières de la ville donnent une couleur différente... C’est ce qui se passe à Hanoi, à Huê et dans d’autres villes du Vietnam. Quand on se promène le matin et puis qu’on prend le même chemin la nuit, on a une autre lecture de la ville. La lumière est différente: l’une est naturelle, l’autre est artificielle. La couleur des bâtiments change: d’un seul coup on pense à ce qui se passe à l’intérieur des maisons, choses qu’on a parfois du mal à deviner en plein jour puisqu’il y a énormément de lumière au milieu de la rue et pas sur les côtés. Il faut laisser un peu de place à l’imagination... En regardant les images, les gens finissent par se raconter leurs propres histoires.”

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Sébastien Laval (à gauche) et Philippe Bouler
“Je me pose souvent la question de savoir, à chaque fois je pars de France pour venir ici, si je vais être étonné encore de ce que je vois. La réponse est toujours la même: le Vietnam m’étonne toujours autant. Je trouve toujours au quotidien des choses qui me surprennent, même ce sont des choses que j’ai déjà vues.”
– a dit Sébastien Laval. Pour illustrer ces propos, à l’occasion du festival Hué 2016, il a présenté au grand public un livre intitulé “Huê, la ville des pierres qui pleurent”, avec des textes écrits par Philippe Bouler, l’un des créateurs dudit festival.“C’est une vision décalée de Huê, un ouvrage différent de toutes les autres oeuvres sur cette ville.”

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