Rencontre de haut niveau entre délégations vietnamienne et chinoise. Photo: VOV |
Plus de 1.400 kilomètres de frontière terrestre, sept provinces vietnamiennes (Quang Ninh, Lang Son, Cao Bang, Tuyên Quang, Lào Cai, Lai Châu et Diên Biên) d’un côté, la région autonome du Guangxi et la province du Yunnan de l’autre. Entre le Vietnam et la Chine, cette ligne de démarcation n’est plus seulement une limite géographique: au fil des années, elle est devenue un espace de coopération et de bon voisinage.
Trente ans de négociations pour établir un cadre juridique
Ce résultat est le fruit d’un long processus diplomatique. Il a fallu plus de trente ans de négociations pour parvenir à un accord définitif sur la frontière terrestre, surmontant des obstacles naturels, techniques et historiques parfois complexes.
Le traité frontalier signé le 30 décembre 1999 par le Vietnam et la Chine est entré en vigueur en juillet 2000. Il a posé les bases juridiques d’une gestion commune de la frontière. Les deux pays ont ensuite procédé aux travaux de démarcation sur le terrain, jusqu’à la déclaration conjointe de décembre 2008 annonçant l’achèvement du bornage. En novembre 2009, trois nouveaux textes sont venus compléter ce dispositif à Pékin: un protocole de démarcation, un accord sur la gestion de la frontière et un accord sur les postes-frontières. Entrés en vigueur en juillet 2010, ils constituent aujourd’hui le socle réglementaire de la coopération frontalière entre les deux pays.
Pour Trân Công Truc, ancien chef de la Commission des frontières du gouvernement vietnamien, ces accords ont marqué une étape décisive:
«Sur le plan juridique, nous disposons aujourd’hui d’une frontière clairement tracée et bornée, avec un système de bornes solides et des règles précises pour en assurer la gestion.», explique-t-il.
Depuis lors, la zone frontalière est restée globalement stable. Les bornes sont préservées, la sécurité est maintenue et les échanges de personnes et de marchandises se développent progressivement. Les infrastructures de transport et les points de passage ont été modernisés, contribuant à améliorer les conditions de vie des populations locales de part et d’autre de la frontière.
Échanges d’amitié pour la défense frontalière Vietnam–Chine, un pont entre les peuples
Sur ces bases juridiques s’est progressivement construit un mécanisme original: le Programme d’échanges d’amitié pour la défense frontalière Vietnam–Chine, lancé en 2014 et reconduit chaque année depuis. Aujourd’hui à sa dixième édition, organisée les 18 et 19 mars, ce programme est devenu l’un des symboles de la coopération bilatérale dans le domaine de la défense.
Le colonel Dô Duy Chinh, chef adjoint du Département de la communication et de la sensibilisation relevant du Département général de la politique de l’Armée populaire du Vietnam, en souligne l’importance:
«Cette dixième édition est particulièrement significative. Elle contribue à renforcer la confiance politique entre nos deux pays et à développer les liens d’amitié entre nos armées et nos peuples. Elle favorise aussi une coopération concrète entre les forces de garde-frontières, les autorités locales et les habitants, afin de faire de cette frontière commune un espace pacifique, stable et propice au développement», affirme-t-il.
Pose de la première pierre du centre de santé de l'amitié, commune de Hai Son. Photo: VOV |
Au fil des années, le programme s’est enrichi. Aux activités diplomatiques et militaires — réunions bilatérales ou patrouilles conjointes — se sont ajoutées des initiatives à dimension sociale et humaine. Des consultations médicales gratuites sont organisées pour les habitants des zones frontalières, des aides sont apportées aux moyens de subsistance des familles, et des bourses scolaires sont attribuées aux élèves en difficulté. Le sous-colonelXiao Jun, chef d’une délégation médicale militaire chinoise venue consulter des patients au Vietnam, résume l’esprit de cette coopération:
«Pour nous, cette mission est une manière concrète de renforcer la coopération médicale entre nos deux armées. C’est aussi un symbole du soutien mutuel entre nos deux pays et de l’amitié entre nos peuples. La sécurité de la frontière et la santé des habitants sont des responsabilités que nous partageons», nous confie-t-il.
Ces actions de terrain, ancrées dans le quotidien des populations frontalières, produisent des effets durables. Elles renforcent la confiance entre les forces armées, les autorités locales et les habitants. Après une décennie d’existence, le Programme d’échanges d’amitié pour la défense frontalière Vietnam – Chine s’est ainsi imposé comme un véritable pont entre les deux pays — au service d’une frontière de paix, de stabilité et de développement durable.