Nucléaire: Ebrahim Raïssi pourrait-il sauver l’accord de 2015?

Ba Thi
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(VOVWORLD) - Le président iranien élu Ebrahim Raïssi a déclaré vouloir accélérer les négociations sur l’accord nucléaire de 2015. Un bon signe pour le groupe P5+1 (États-Unis, Russie, Royaume-Uni, France, Chine et Allemagne) qui s’efforce depuis des mois de ressusciter le Plan d’action conjoint sur le nucléaire iranien (JCPOA) dénoncé par Donald Trump en 2018.
 
Nucléaire: Ebrahim Raïssi pourrait-il sauver l’accord de 2015? - ảnh 1Le président iranien élu Ebrahim Raïssi. Photo: Arash Khamooshi/ The New York Times

Le changement de président en Iran intervient à un moment clef des négociations nucléaires dont le sixième cycle s’est achevé il y a une dizaine de jours.

Les signes optimistes

Selon les experts, la promesse du président iranien élu signifie que la République islamique n’abandonnera pas, dans l’immédiat, les pourparlers en cours à Vienne. Autrement dit, le risque de remettre à zéro les efforts de relancer le JCPOA après la passation du pouvoir en août prochain en Iran est donc écarté.

Le 20 juin, le représentant européen chargé de la sécurité et des affaires extérieures Josep Borrel a déclaré qu’il croyait en la reprise de l’accord iranien même après l’élection d’Ebrahim Raïssi.

Le 23 juin, le ministre des Affaires étrangères allemand Heiko Maas s’est montré lui aussi optimiste quant à la possibilité de parvenir à un consensus avec Téhéran.

Le même jour, le chef de cabinet du président iranien Mahmoud Vaezi s’est félicité du compromis obtenu entre Washington et Téhéran sur la levée de la totalité des 1.040 sanctions imposées sous l’administration Trump à l’encontre des assurances, du pétrole et des transports iraniens.

Les enjeux

Evidemment, ce compromis et la volonté affichée du futur président iranien de poursuivre les négociations sont loin d’être suffisants pour une réelle entente entre la République islamique et le groupe P5+1.

Nucléaire: Ebrahim Raïssi pourrait-il sauver l’accord de 2015? - ảnh 2Centrale nucléaire de Bouchehr à l'Iran. Photo: Fatemeh Bahrami/Anadolu Agency

Alors que son prédécesseur, le modéré Hassan Rohani, avait opté pour une ouverture envers l’Occident en favorisant, entre autres, l’accord de 2015, Ebrahim Raïssi a répondu d’un "non" ferme à la question d’un média américain lui demandant s’il avait l’intention de rencontrer le président des États-Unis, Joe Biden, dans le cas où les discussions de Vienne permettraient d’alléger les sanctions et de régler les problèmes entre les deux pays.

Selon les responsables iraniens et occidentaux, il est peu probable que l’arrivée d’un nouveau président modifie la position de l’Iran sur l’accord nucléaire de 2015, laquelle position est dictée par le Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei. Le président nouvellement élu dispose néanmoins d’une certaine marge de manœuvre, qui peut influer sur le cours des négociations avec les Occidentaux.

À ces difficultés politiques s’ajoutent les exigences contradictoires de Washington et de Téhéran qui constituent le plus grand obstacle aux pourparlers. Les États-Unis exigent en effet que l’Iran remplisse pleinement ses engagements découlant du JCPOA alors que Téhéran demande à Washington de lever au préalable toutes les sanctions. Les intérêts des deux parties s’avèrent également diamétralement opposés en ce qui concerne notamment l’Irak et la Syrie ou Israël et l’Arabie saoudite, ces deux pays hostiles à l’Iran étant les alliés les plus importants des États-Unis dans la région.

Dans ces conditions, il semble difficile de parvenir à de réels progrès aux cours des prochains pourparlers.

 


 


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