L’impudence chinoise ne connaît plus de limite

Dinh Trung - Thu Hoa
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(VOVworld) - Ces derniers temps, la presse et les chercheurs pointent du doigt l’ambition hégémonique de la Chine, laquelle se livre à un ahurissant travail d’élargissement de certains récifs dans l’espoir d’en faire de véritables îles artificielles, et notamment dans l’archipel de Truong Sa, qui comme chacun le sait est vietnamien. En agissant comme elle le fait, la Chine bafoue bien évidemment la souveraineté vietnamienne et le droit international, au risque de faire monter la tension en flèche dans la région.
(VOVworld) - Ces derniers temps, la presse et les chercheurs pointent du doigt l’ambition hégémonique de la Chine, laquelle se livre à un ahurissant travail d’élargissement de certains récifs dans l’espoir d’en faire de véritables îles artificielles, et notamment dans l’archipel de Truong Sa, qui comme chacun le sait est vietnamien. En agissant comme elle le fait, la Chine bafoue bien évidemment la souveraineté vietnamienne et le droit international, au risque de faire monter la tension en flèche dans la région.

L’impudence chinoise ne connaît plus de limite. Pékin vient d’investir près de six millions de dollars pour faire construire une école dans l’archipel de Truong Sa. Mais ce n’est pas tout. Il y a quelques jours, la BBC diffusait un reportage intitulé « Atelier de fabrication d’îles », dans lequel on pouvait voir d’immenses chantiers entrepris à Gac Ma et sur d’autres récifs de l’archipel de Truong Sa. L’information corrobore d’ailleurs celle fournie récemment par le gouvernement philippin dans un rapport, information selon laquelle la Chine aurait entrepris des travaux sur au moins cinq sites relevant des archipels vietnamiens de Hoang Sa et Truong Sa : Gac Ma, Chau Vien, Ga ven, Tu Nghia et En Dat.

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Photo:Internet

Une volonté hégémonique

Gac Ma est un récif coralien situé au sud-ouest des îlots de Sinh Ton, lesquels sont rattachés à l’archipel de Truong Sa et au district insulaire éponyme, lui-même rattaché à la province vietnamienne de Khanh Hoa. Après s’en être emparé par la force en 1988, la Chine a fait construire graduellement des ouvrages sur ce récif pour en faire l’un de ses avant-postes militaires en mer Orientale. Mais depuis février, Pékin y mène des travaux d’élargissement d’une envergure inédite. Des dizaines de grues, d’excavateurs et une douzaine de bateaux travaillent jours et nuits pour recouvrir Gac Ma d’une quantité gigantesque de sable. En moins de six mois, Gac Ma est ainsi devenu une île artificielle avec un port en eau profonde, un appontement de grande envergure et même un aéroport. Mais il faut bien comprendre que ce qui se passe à Gac Ma rentre dans le cadre d’un plan élaboré par les autorités chinoises dans le but de faire main basse sur la mer Orientale, ni plus ni moins. Tran Cong Truc, ancien chef de la commission des frontières nationales du gouvernement vietnamien :

« En agissant ainsi, la Chine cherche en fait à donner du poids à ses revendications. Il s’agit pour les Chinois de créer des bases juridiques pour étayer leurs revendications et les rendre conformes à la Convention des Nations Unies de 1982. Il faut bien voir que si un récif devient une île et que cette île est suffisamment vaste pour que l’on puisse y habiter et y mener des activités économiques, ça peut changer bien des choses. »    

La politique du fait accompli

Il n’y a pas qu’à Gac Ma que la Chine ait entrepris des travaux titanesques. Les récifs de Chau Vien, de Ga Ven, de Tu Nghia et d’En Dat sont ainsi promis à devenir des îles artificielles, et ce, au plus parfait mépris du droit international.   Tran Cong Truc :

« La Chine est en train d’essayer de détourner la Convention sur le droit de la mer à son profit en créant des îles artificielles qui pourraient lui servir de prétexte pour contester les droits légitimes des pays riverains. Ça constitue une double violation : une violation de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer et une violation de la Déclaration sur la conduite des parties en mer Orientale. » 

D’après les analystes, ces îles artificielles pourraient permettre à la Chine de s’octroyer des zones d’identification aérienne en mer Orientale. Mais comme l’a fait remarquer le chef de la diplomatie philippine Anbert del Rosario, la vitesse d’exécution des travaux laisse croire que la Chine entend pratiquer la politique du fait accompli. Qu’en sera-t-il en effet du Code de conduite que beaucoup appellent de leurs vœux, une fois tous ces ouvrages achevés ? Les rapports de force seront forcément modifiés, et les négociations s’en ressentiront.

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