Covid-19 : l'écart se creuse en matière de protection sociale

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(VOVWORLD) - La pandémie de Covid-19 a révélé et exacerbé les écarts de protection sociale entre pays à hauts et à faibles revenus.

C’est un paradoxe… La crise sanitaire aura beau s’être accompagnée d’un développement de la protection sociale, plus de 4 milliards de personnes dans le monde en sont totalement dépourvues. C’est en tout cas ce qui ressort d’un rapport publié récemment par l’Organisation internationale du Travail.

Par “protection sociale”, on entend généralement l’accès aux soins médicaux et la garantie d’un minimum de revenus, notamment pour les personnes âgées, mais aussi en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, d’accident du travail, de maternité ou de perte du principal soutien de famille.

D’après le rapport de l’Organisation internationale du Travail, 47% de la population mondiale, seulement, bénéficierait à l’heure actuelle d’au moins une mesure de protection sociale.     

En la matière, les inégalités régionales sont significatives. L’Europe et l’Asie centrale affichent les taux de couverture les plus élevés, avec 84% de personnes bénéficiant d’au moins une prestation. Les Amériques sont elles aussi au-dessus de la moyenne mondiale, avec 64,3%. L’Asie et le Pacifique (44%), les pays arabes (40 %) et l’Afrique (17,4 %) présentement par contre des lacunes manifestes en matière de couverture.  

Dans le monde, beaucoup d’enfants n’ont toujours pas de protection sociale. En fait, seul un enfant sur quatre (26,4 %) bénéficie d’une prestation. Pour ce qui est des femmes ayant un nouveau-né, elles ne seraient que 45% à recevoir une allocation de maternité en espèces. Quant aux personnes gravement handicapées, elles ne sont qu’une sur trois (33,5 %) dans le monde à toucher une pension d’invalidité.

Même constat pour les indemnités de chômage: seuls 18,6 % des travailleurs au chômage sont effectivement couverts. Si 77,5 % des personnes ayant dépassé l’âge de la retraite perçoivent une pension de vieillesse sous une forme ou une autre, des disparités majeures subsistent entre régions, entre zones urbaines et rurales, et entre hommes et femmes.

Les dépenses publiques relatives à la protection sociale varient considérablement elles aussi. En moyenne, les pays consacrent 12,8 % de leur produit intérieur brut à la protection sociale. Cependant les pays à revenu élevé y consacrent 16,4 % de leur produit intérieur brut et les pays à faible revenu seulement 1,1 %.

Le rapport indique que le déficit de financement (les dépenses supplémentaires nécessaires pour assurer au moins une protection sociale minimale à tous) a augmenté d’environ 30 % depuis le début de la pandémie.

Pour garantir au moins une couverture de protection sociale de base, les pays à faible revenu devraient investir 77,9 milliards de dollars supplémentaires par an, les pays à revenu intermédiaire inférieur 362,9 milliards de dollars supplémentaires et les pays à revenu intermédiaire supérieur 750,8 milliards de dollars de plus par an. Cela équivaut, respectivement, à 15,9; 5,1 et 3,1% de leur produit intérieur brut.

Toujours selon le rapport de l’Organisation internationale du Travail, la protection sociale peut générer des bénéfices sociaux et économiques de grande ampleur pour tous les pays et à tous les stades de développement. Aussi serait-il souhaitable que la solidarité internationale joue en faveur des pays les plus pauvres. Les dividendes de la réussite dépasseraient alors les frontières nationales pour profiter à tous…

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