Le plus pékinois de nos chefs cuisiniers…

Bich Thuân, Dinh Tuân, VOV à Pékin.
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(VOVWORLD) - Susu… A priori, ce nom ne vous dira rien. À moins que… À moins que vous ne vous soyez un jour retrouvé à Pékin, en proie à une incoercible envie de manger vietnamien - ce qui est bien légitime, soit dit en passant… Susu, donc, c’est «le» restaurant vietnamien de Pékin, un restaurant qui doit sa réputation à un certain Lê Ngoc Quyên.
Le plus pékinois de nos chefs cuisiniers… - ảnh 1

C’est en mars 2011 et à Pékin que commence notre histoire. Lê Ngoc Quyên, 24 ans alors, originaire de Dà Lat, dépose ses valises dans la capitale chinoise. Qu’a-t-il à revendre, sinon sa jeunesse et son dynamisme? Un solide talent de cuisinier et l’envie de faire connaître la gastronomie de son pays natal…

Cela étant, quand on ne connaît pas trois mots de chinois et qu’on n’a pas un sou vaillant en poche, l’affaire ne se présente pas forcément sous les meilleurs auspices...     

«Je dois dire qu’au début de mon séjour à Pékin, j’étais complètement désorienté.», nous confie Quyên. «Je ne voyais pas bien ce que j’allais pouvoir faire. Il faut dire qu’en fait de restaurant, j’avais hérité d’une espèce de gargote située dans une ruelle déserte et très sommairement équipée… Je me disais que j’allais rester juste trois ou six mois, le temps de gagner de quoi acheter un billet de retour et quelques cadeaux pour ma famille!...» 

Juste trois ou six mois?... Il ne faut jamais jurer de rien. La preuve… Non seulement Quyên est resté, mais en plus, le restaurant où il officie, Susu donc, est devenu l’une des adresses gastronomiques les plus courues de Pékin. CNN et Trip Advisor l’ont d’ailleurs élu meilleur restaurant vietnamien de la capitale chinoise, c’est dire… C’est en tout cas une certaine Amy, qui en est la patronne, et qui bien évidemment, est consciente d’avoir déniché la perle rare…  

«Dire de Quyên qu’il est un chef talentueux est un doux euphémisme!», nous dit-elle. «Et c’est un talent protéiforme! Non content de maîtriser la cuisine vietnamienne et la cuisine occidentale, il se met à la cuisine chinoise, maintenant! Mais je dois reconnaître qu’il est exigeant. Pour le pho, par exemple, il ne veut pas de pâtes séchées, il les fait lui-même» 

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Pour le coup, on peut dire que l’exigence aura été récompensée à sa juste mesure. Unique producteur de pâtes de riz fraîches à Pékin, Quyên en fait non seulement pour ses deux Susu - eh oui, il y en a deux, désormais! - mais aussi pour d’autres établissements de la capitale chinoise. 

Quyên ne ménage pas ses efforts. Le voudrait-il, d’ailleurs, qu’il ne le pourrait pas. L’ambassade du Vietnam en Chine a besoin d’un traiteur pour accueillir comme il se doit un dirigeant en visite à Pékin? Eh bien qu’à cela ne tienne. Quyên enfile son tablier…

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Maintenant qu’il est devenu le plus pékinois de nos chefs cuisiniers, Quyên nourrit plein de projets et il y a fort à parier que d’ici peu, les rues de la capitale chinoise seront envahies d’effluves typiquement vietnamiennes… 

«Je voudrais développer une chaîne de restaurants spécialisés dans le pho, ici, à Pékin. Ces restaurants utiliseront des pâtes fraîches, comme au Vietnam. Je voudrais que tous les habitants de Pékin connaissent le pho...», nous explique-t-il. 

Il y en a une, en tout cas, qui ne demande que ça. C’est Amy, la patronne de Susu, qui s’apprête à exaucer le vœu de Quyên.  

Mais Quyên pousse son rêve encore plus loin: il veut partir avec femme et enfants au Canada, en Australie ou aux États-Unis pour faire rayonner l’art culinaire vietnamien dans ces contrées lointaines.

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