Le printemps perpétuel…

Ngoc Anh
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(VOVWORLD) - Sa Dec. Deux syllabes ô combien évocatrices, qui renvoient immanquablement à l’œuvre de Marguerite Duras… La maison de l’amant, le bac sur le Mékong… 

Mais Sa Dec, ce n’est pas qu’un décor de roman, c’est aussi le « grenier à fleurs » du delta du Mékong… Et si c’est en tout premier lieu à la littérature et au cinéma que Sa Dec doit sa renommée mondiale, il se pourrait bien que ce soit désormais à ses fleurs.   

Le printemps perpétuel… - ảnh 1 Photos: Bao Moi

Tout commence dans les premières années du 20e siècle, de façon on ne peut plus ordinaire. Au début, ce ne sont que quelques villageois qui plantent des fleurs en prévision du nouvel an lunaire. Mais bien vite, ces fleurs s’épanouissent tant et si bien - les alluvions du fleuve Tiên n’y sont évidemment pas étrangers - que l’horticulture devient plus qu’un passe-temps de fin d’année : une véritable tradition locale, comme sait en offrir le Vietnam.

De nos jours, Sa Dec compte près de 3.000 horticulteurs en activité, une activité… florissante, à en juger par les propos de Cao Văn Hai, l’un d’entre eux.

«On travaille toute l’année, de façon à pouvoir approvisionner, non seulement le marché domestique, mais aussi les marchés d’autres pays comme le Cambodge, le Laos, la Chine, Taïwan… », nous dit-il. «Il y a bien sûr un pic d’activité au moment du Têt. Moi, en ce qui me concerne, je suis à la tête d’une exploitation de 8.000m2. Mais je fais aussi partie du club d’horticulteurs et de fleuristes du village. On se réunit une fois par mois pour échanger sur les nouvelles techniques culturales».    

Les horticulteurs de Sa Dec ont la particularité de se déplacer en barque pour soigner leurs fleurs. Il faut dire que la région est souvent inondée et que la barque y est un moyen de locomotion somme toute assez fréquent.

Oeillets d’Inde, chrysanthèmes, roses, lisianthus, salvia splendens, dahlias, hortensias, bonsaïs… Les jardins horticoles de Sa Dec sont un véritable festival de couleurs, au charme duquel même le plus blasé des fleuristes ne saurait résister.  Huynh Ba Nghia, qui vient de Hô Chi Minh-ville, en est tout étourdi. 

«C’est la première fois que je viens ici », nous raconte-t-il. « Je vais bientôt ouvrir une boutique de fleurs, alors je voulais voir de mes propres yeux ces fleurs dont on vante tant la beauté… Eh bien je dois dire que je ne suis pas déçu ! C’est vraiment fantastique… » 

Le printemps perpétuel… - ảnh 2

Ces dernières années, les horticulteurs de Sa Dec ont voulu ajouter une nouvelle corde à leur arc : le tourisme. Ils accueillent désormais un million de visiteurs par an, auxquels ils proposent même des chambres d’hôtes. Mais pour Lê Thu Hang, qui gère l’un de ces nouveaux sites touristiques, il s’agit avant tout d’offrir un décor pour des séances photos.  

«Ici, il y a deux grands espaces : un où on peut faire des photos et un où on peut trouver des jeux folkloriques. Le week-end, ça tourne à plein régime. On accueille  une moyenne de 100 visiteurs par jour, y compris des étrangers venus du Canada, des États-Unis, d’Australie, de Malaisie, des Philippines…», nous explique-t-elle. 

La route principale Sa Nhiên-Cai Dao, d’une longueur de 3 kilomètres, est également ornée de fleurs. Les visiteurs peuvent grimper sur un mirador de 18 mètres de haut pour s’offrir une vue panoramique du village, et en général, ils ont bien du mal à en redescendre, tant le spectacle qui leur est offert est beau.

«Je ne regrette pas d’être venu ici. On a fait beaucoup de photos qu’on va pouvoir poster sur les réseaux sociaux. Mais j’aimerais bien revenir ici au printemps. J’imagine que ça doit être absolument magnifique », nous confie Vu Quang Dung, un touriste venu de la province de Tây Ninh.   

Revenir au printemps ? Mais à Sa Dec, c’est le printemps perpétuel.   

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