Un portrait précieux…

Anh Tuan
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(VOVWORLD) - Le musée Hô Chi Minh de Hanoï vient de réceptionner un portrait du Président Hô Chi Minh, un portrait un peu particulier dans la mesure où il appartenait jusque-là à un ancien combattant français, un certain Pierre Flamen…  

Un portrait précieux… - ảnh 1

Réception du portrait du Président Hô Chi Minh - Photo Phi Ha/VOV5

Dessiné en 1948 sur du papier dó, ce portrait du Président Hô Chi Minh est le chef-d’œuvre du peintre vietnamien Phan Van Doan. Mais 1948, c’est aussi l’année où Pierre Flamen, originaire de Dordogne, débarque au Vietnam. Il découvre ce portrait en 1949 dans la province de Yên Bai et le ramène en France, en 1951, soit trois ans avant la bataille de Diên Biên Phu.  

«J'étais dans le secteur de Nghia Dô, et je m'occupais de la partie sud à ce moment là», nous raconte-t-il. «En me promenant - c’est une façon de parler parce que c'est une époque où on ne faisait pas que se promener!... -, je suis tombé sur un panneau d’information laissé à l’adresse de la population, comme il y en avait assez souvent, je dois dire. Et c’est comme ça que j’ai trouvé ce portrait de Hô Chi Minh qui portait l’inscription «Hô Chi Minh, le Président de la République sémocratique du Vietnam». Alors je me suis dit «Tiens, ça c'est intéressant, je vais le prendre»… Pas facile, d’ailleurs, parce que c’est un papier très fin, très fragile… Mais j’ai quand même réussi à le prendre, à l’enrouler et le ramener en France. C’est donc depuis 1949 que j’ai ce portrait avec moi.»     

Un portrait précieux… - ảnh 2Pierre Flamen (droite) - Photo fournie par lui-même

1949 donc… Mais les aventures vietnamiennes de Pierre Flamen ne s’arrêtent pas là puisqu’il effectue un second séjour dans notre pays, séjour qui se conclura pour lui en 1954, par quelques mois de captivité, suite à la bataille de Diên Biên Phu à laquelle il participe dans les rangs du corps expéditionnaire français. Lorsqu’enfin il est libéré en vertu des accords de Genève, il s’en retourne au pays, mais sans rien emporter d’autre que ses souvenirs d’ancien combattant. Ce portait est donc l’unique objet témoin de ces années.    

Soixante-dix ans après, Pierre Flamen décide finalement de remettre son portrait au musée Hô Chi Minh de Hanoï, et ce grâce à l’entremise de Hiêu Constant, une Française d’origine vietnamienne.  

«Je vais forcément le regretter un peu», nous avoue-t-il. «C’est que j’y tenais, vous savez! Mais je pense qu'il est beaucoup plus à sa place ici, à Hanoï, que chez moi. Les vietnamiens seront sans doute un peu étonnés qu'un Français ait ramené ça avec lui. Mais pour moi, c’était un souvenir précieux… Et puis j’aime bien ce côté un peu calligraphie…»  

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Hiêu Constant lors de la réception du portrait du Président Hô Chi Minh - Photo Phi Ha/VOV5

Le geste, en tout cas, en aura impressionné plus d’un, et notamment celle qui en reste l’instigatrice, Hiêu Constant.

«Je suis émue, émue parce que je n’aurais jamais cru que de mon vivant, un tel geste pourrait se produire. C’est une belle marque de respect et d’admiration à l’égard du Président Hô Chi Minh. Et évidemment, de la part d’un ancien soldat français, ça prend beaucoup de poids. La guerre est terminée depuis plus de soixante ans, alors il est temps de tourner la page. Aujourd’hui, la France et le Vietnam sont deux pays qui ont un passé en commun, mais surtout un avenir à inventer!...», nous dit-elle.       

Lors de la remise du portrait, Pierre Flamen a aussi offert au musée Hô Chi Minh un croquis de l’endroit où il a trouvé ledit portrait. Mais il envisage également de se séparer des quelques rares objets qu’il a pu ramener de ses séjours: un véritable sacrifice, pour lui, mais aussi une manière de faire définitivement la paix…  avec le Vietnam et avec lui-même…       

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