Turquie: Quels défis attendent le président Erdogan ?

Ba Thi
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(VOVWORLD) - Au pouvoir depuis 2003 en Turquie, Recep Tayyip Erdogan a été réélu président dimanche 28 mai 2023 pour un troisième mandat. Immédiatement, de nombreux dirigeants étrangers l’ont félicité pour ses cinq prochaines années à la tête d’un pays qui joue un rôle de plus en plus important dans la région et le monde.

Turquie: Quels défis attendent le président Erdogan ?  - ảnh 1Le président turc Recep Tayyip Erdogan. Photo: Reuters

Une victoire écrasante...

La Commission électorale suprême turque a officiellement annoncé dimanche soir, le 28 mai, que Recep Tayyip Erdogan était le vainqueur du second tour des élections présidentielles avec 52,14 % des voix. Le candidat de l'opposition, Kemal Kiliçdaroglu, quant à lui, a obtenu 47,86 % des voix après le dépouillement de 99,43% des suffrages. Immédiatement après cette annonce, Recep Tayyip Erdogan a déclaré sa victoire tandis que Kiliçdaroglu a reconnu sa défaite et accepté les résultats du vote.

Dans un discours prononcé devant le palais présidentiel à Ankara le 29 mai, Recep Tayyip Erdogan a exprimé sa gratitude envers ses partisans de lui avoir confié la responsabilité de gouverner le pays pour les cinq prochaines années, tout en appelant la population turque à s'unir. "Ce scrutin, considéré comme le plus important de l'histoire moderne du pays, constitue la victoire des 85 millions de Turcs", a souligné le dirigeant âgé de 69 ans.

Selon de nombreux analystes régionaux et internationaux, le président Erdogan continue de gagner le soutien des électeurs turcs grâce à sa mise en œuvre d'une politique populiste et d'une politique étrangère indépendante. Au pouvoir depuis 20 ans, il adopte une politique étrangère à la fois flexible et ferme, contribuant ainsi à accroître l'influence de la Turquie dans la région, notamment dans le contexte de l'intensification du conflit de pouvoir entre la Russie et l'Occident. En particulier, l'année dernière, le président Erdogan a consolidé son image de leader mondial en jouant un rôle de médiateur dans les pourparlers de paix entre la Russie et l'Ukraine, ainsi que dans les négociations sur l'Initiative céréalière de la mer Noire. De nombreux électeurs turcs estiment qu’il a contribué à rehausser la position de la Turquie dans la région et dans le monde.

Juste après l'annonce des résultats du second tour de l'élection présidentielle en Turquie, de nombreux dirigeants mondiaux, dont le secrétaire général des Nations Unies, les présidents de la Russie, des États-Unis, de l'Égypte et de l'Iran, ont félicité et exprimé leur volonté de coopérer avec le dirigeant turc.

Cela reflète la préoccupation particulière de la communauté internationale pour la situation politique en Turquie en général, et pour le président Erdogan en particulier. En raison de sa position géostratégique extrêmement importante, une Turquie stable joue un rôle décisif dans la stabilité du Moyen-Orient et de l'Europe.

Défis et perspectives...

Cependant, selon les analystes, le président turc est confronté à de nombreux défis. Le premier de ces défis est l'inflation, ainsi que la reconstruction du pays suite au séisme survenu en février dernier, qui a causé d'importants dégâts.

Sur le plan diplomatique, l'équilibre des relations entre la Russie et l'Occident constitue un défi majeur pour protéger les intérêts stratégiques d'Ankara. De plus, il est crucial d'accroître l'influence et les intérêts de la Turquie au Moyen-Orient, tout en coordonnant les relations avec d'autres grandes puissances et entités telles que la Chine et l'Union européenne.

De nombreux experts estiment que le président Erdogan bénéficiera de grands avantages tout au long de son prochain mandat de cinq ans à la tête de la Turquie. Le fait qu'il continue de gagner la confiance des électeurs motive davantage le président turc à poursuivre les politiques intérieures et étrangères ambitieuses en cours. Dans sa déclaration du 29 mai, le président Erdogan s'est engagé à renforcer davantage la position de la Turquie en investissant dans les secteurs des transports et de l'énergie. Plus spécifiquement, Ankara mettra en œuvre le projet de construction d'un centre gazier international en Turquie, sur proposition du président russe Vladimir Poutine. Plus tôt, le 28 mai, le président Erdogan avait exprimé sa conviction que la Turquie acquerrait une force et une influence sans précédent dans l'ordre mondial.

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