Une grande manifestation de solidarité

Tinh
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(VOVWORLD) - Chaque année, au quinzième jour du premier mois lunaire, la province de Binh Duong est en pleine effervescence : c’est la fête de la pagode de Thiên Hâu. Même si elle a des origines chinoises, cette fête fédère aujourd’hui tous les Vietnamiens vivant dans les régions du Sud.
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La procession de palanquin de la déesse chinoise Mazu. Photo: Dulichbinhduong.org.vn

La pagode de Thiên Hâu a été construite pendant les premières années du vingtième siècle à Thu Dâu Môt. Il s’agissait alors de rendre hommage à Mazu, une déesse chinoise qui, non contente d’avoir veillé sur les pêcheurs chinois durant leur exode vers le Sud, est censée avoir protégé leurs commerces et leur avoir apporté prospérité. Au fil du temps, le culte de Mazu est devenu une grande manifestation folklorique du Sud-Est du Vietnam, comme nous l’explique Vuong Vinh Thang, le responsable du comité d’organisation de la fête.

« C’est devenu une fête populaire. Il n’y a pas que les Hoa qui y participent : les Kinh aussi ! Tous, Hoa et Kinh mélangés, portent des palanquins en procession pour demander la bénédiction à Mazu. », nous dit-il. 

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La fête attire des milliers de Hoa et de Kinh des provinces aux alentours. Photo : Dulichbinhduong.org.vn

Des milliers de pèlerins affluent chaque année, espérant ainsi s’attirer paix et prospérité.    

« Je viens ici chaque année. Ma foi en Mazu me donne plus de courage. », nous affirme l’un d’eux. 

Les pèlerins sont en tout en cas bien accueillis, et ils ne doivent pas bourse délier : sur place, tout est gratuit. Ainsi en ont décidé les autorités locales qui veulent à tout prix faire montre d’une hospitalité sans égale. Vuong Vinh Thang, toujours:

« Nous avons mis en place des aires de distribution gratuite de bâtonnets d’encens. Nous offrons par ailleurs de l’eau et de la nourriture aux pèlerins, histoire de faire preuve d’hospitalité. », nous précise Vuong Vinh Thang.   

Seule concession au négoce, les lanternes utilisées pour décorer la pagode sont vendues aux enchères à la fin de la fête. Les sommes ainsi collectées chaque année varient entre trois et cinq milliards de dôngs et sont utilisées à des fins caritatives, quand elles ne servent pas à soutenir l’apprentissage de la langue chinoise à l’école primaire Lê Van Tam, dans la ville de Thu Dau Môt.

Mais revenons-en à la fête elle-même. À quinze heures, le quinzième jour du premier mois lunaire, la procession part de la pagode. Les représentants de quatre grandes familles chinoises conduisent le cortège, suivi de troupes de danse au dragon. Les rues vibrent alors au son des tambours et des percussions. Trân Ngoc Huong, qui habite près du lieu de la cérémonie :

« Mazu est une déesse chinoise et nous sommes pour la plupart issus de l’ethnie Kinh. Mais nous lui rendons hommage tout de même car nous bénéficions tous de sa protection. », nous confie Trân Ngoc Huong, qui habite près du lieu de la cérémonie.

Eh oui! Car s’il s’agit de rendre hommage à Mazu, déesse chinoise, la fête  aujourd’hui rassemble toutes les ethnies de la région, pour lesquelles elle est devenue une grande manifestation de solidarité.   

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